• English
  • Español
  • Français
  • Русский
  • Bokmål
  • Nederlands

Katsuni : Les prostituées et les actrices porno sont en quelque sorte des cousines

La prostitution doit-elle être abolie?

Devant l’unanimité des groupes politiques, le débat gronde. Egalement marquée socialement mais un peu moins clandestine, l’activité d’acteur et en particulier d’actrice porno m’a parue intéressante pour en savoir plus sur la possibilité d’assumer socialement ces métiers stigmatisés et stigmatisants.

Actrice porno depuis 2001, Katsuni prend la parole hors du champ du porno (mais toujours autour de la sexualité) dès 2004, dans une émission sur Canal Jimmy ou dans un documentaire sur sa carrière naissante diffusé sur MCM en 2005. En 2011, elle ouvre un blog sur le site des Inrocks et commence aussi une chronique sur le Plus de l’Obs. Chef d’entreprise autant qu’actrice, elle s’est prêtée avec plaisir et gentillesse au feu de mes questions « originales » (il parait que d’ordinaire on lui demande plutôt sa position préférée).

Actrice porno, c’est un métier « comme les autres »?

C’est un vrai métier mais un métier d’image et de performance. En cela il est comparable à tous les métiers dits artistiques ou sportifs même s’il est dans un autre registre. Le fait que je sois chef d’entreprise signifie que j’ai décidé de dépasser cette contrainte en devenant le propriétaire de ma marque. J’ai donc une société qui produit des films X mais aussi de la lingerie. Et en effet cette activité de chef d’entreprise est un métier comme un autre, ça reste du business. En revanche je ne peux pas dire que le métier d’acteur ou actrice X soit vraiment un métier ordinaire dans le sens où il implique un rapport particulier à son corps et à sa sexualité et qu’il touche aux tabous d’une société. Moralement il restera toujours marginal, mais c’est aussi ce qui fait son succès !

Quelles sont les différences entre être actrice porno et faire de la prostitution ?

Ce sont deux métier différents mais qui appartiennent tous deux à l’industrie du sexe. L’un est axé sur l’image et sa diffusion, l’autre sur une prestation effectuée directement avec le consommateur. Être acteur ou actrice porno, comme son nom l’indique c’est être acteur, jouer, exprimer, montrer, et ce pour les besoins d’un produit pré-déterminé (photos, vidéo). Il y a rapport sexuel (parfois simulé pour les versions «softs») entre des partenaires de même profession. Leur rapport sexuel sera «dirigé» par un réalisateur en fonction d’un cahier des charges (lieu, pratiques..) de la société vendant ensuite à un public précis. un(e) escort ne vend pas son image mais exerce son activité dans un cadre privé. La call girl escorte a un rapport avec un «particulier», un individu qui n’exerce pas le même métier , qui peut être anonyme ou «un habitué». Sa fonction est de satisfaire les besoins sexuels de l’autre , d’aller même parfois au-delà dans le rapport affectif ou humain. Dans les deux cas l’actrice porno et l' escorte call girl sont payées pour effectuer un acte de nature sexuelle mais pour des raisons différentes, et dans un cadre de travail différents. Elles sont donc en quelque sorte cousines.

Peut-on parler globalement de «travail du sexe»?

Oui il représente une large industrie , cependant il est important de ne pas généraliser et de bien faire le distinction entre chaque métier et chaque activité si l’on veut prétendre les défendre de la bonne manière. Il est important de cibler les conditions de travail, les difficultés, les caractéristiques propres à chacun. Par exemple, concernant les escortes , je pense que l’on doit savoir faire la différence entre celles qui sont contraintes et font partie d’un réseau (et dans ce cas le terme de prostitution s’associe plus à de l’esclavage sexuel), et celles qui exercent véritablement ce métier comme une activité à part entière, par choix (sans la pression d’une tierce organisation). Reste ensuite à définir les nuances entre l'escort occasionnelle, mère de famille ou étudiante, celle qui est escorte girl de luxe, accompagnatrice, hôtesse, masseuse etc… Ce qui importe quels que soient les choix et les motivations des travailleurs/euses du sexe, c’est de les reconnaître comme travailleurs à part entière, appartenant pleinement à notre société.

Penses-tu que ton métier fasse avancer les mentalités?

Je ne pense pas que mon métier fasse changer les mentalités. Je pense que c’est plutôt la manière de le vivre et d’en parler qui importe. Il existe des métiers ingrats, difficiles, pénibles, extrêmes, il n’y a pas pour moi de métier « sale » . Il y en a de plus valorisants que d’autres par rapport à ses attentes, ses ambitions, ses compétences, par rapport aux normes et valeurs d’une société. Mais ce qui importe reste finalement l’aspect humain. Beaucoup de mes lecteurs des Inrocks ou du Nouvel Obs ne regardent pas mes films ou ne les regardent plus, certains ne regardent pas de porno du tout. Pourtant ils ont tous leur avis sur le porno et les personnes qui en font. Et je suis ravie lorsque ces personnes me disent être agréablement surprises. Non pas du fait que l’univers du X les fasse fantasmer, mais du fait qu’ils découvrent une autre dimension de cet univers. Ce nouveau regard permet de se détacher d’un jugement moral (souvent influencé par notre éducation, nos peurs, nos tabous), et de véritablement considérer l’industrie du X comme une industrie à part entière avec ses travailleurs et les conditions de travail qui lui sont propres. C’est en se détachant du fantasme, de l’image qu’on peut revenir à l’humain et être enfin prêt à parler de ses droits fondamentaux, à sortir du piège de l’image.

Te dirais-tu féministe? Pourquoi?

Je suis pour le respect des Droits de l’Homme, le respect de l’être humain, qu’il soit homme, femme, transsexuels, noir, blanc, jeune, vieux, hétéro, gay, aristocrate ou ouvrier… peu importe. Il arrive que je sois totalement d’accord avec le discours de certaines féministes (il est important de rappeler qu’il existe plusieurs courants) mais je dois admettre que les arguments de certaines m’exaspèrent, parce qu’elles semblent penser uniquement en tant que femmes et ne font que renforcer le clivage qui semble les opposer aux hommes. Elles souhaitent tant se faire entendre qu’elles s’enferment elles-mêmes dans un discours extrémiste alors qu’il serait sans doute plus intéressant et convaincant de parler en tant qu’individus à part entière, de se détacher de ses émotions, de ses susceptibilités et rancoeurs pour discuter réellement sur le terrain des idées. D’ailleurs un homme peut également être féministe! Je suis triste de constater que beaucoup de féministes parlent comme des femmes blessées. Peut-être le sont-elles, mais l’erreur est de ne réagir que par opposition, d’adopter un discours machiste à l’envers, basé sur le rejet des hommes, la révolte, voire la haine . Il en ressort une aigreur qui me dérange. Quant à celles qui prétendent défendre les femmes en luttant contre la prostitution dans sa globalité, je ne leur vois pas trop de différences avec les maquereaux qu’elles dénoncent. Aiment-elles et respectent-elles vraiment les femmes pour leur soustraire ainsi le droit de penser ?

Article paru dans l'Express du 22 février 2012

Interview Katsuni por Geekementcorrect

 

 

 

Categorie: 
A la recherche de masseuses ou escorts dans ces villes?
Masseuse ou Escorte Norvège
Prostituées et masseuses en Belgique

ESCORTS BY ESCORTINTIME.COM, ESCORTES

En cette période de crise que nous avons souffert et continuons de souffrir, et la grande chute de revenus des finances publiques, qui a provoqué un débat sur la viabilité de notre système de retraite et de santé, le déficit de financement des régions et des villes a provoqué une pression fiscale asphyxiante. Voici donc que le débat sur la légalisation de la prostitution est réapparu en Europe.

Pour mieux illustrer la situation, nous verrons les chiffres que le secteur de la prostitution génère en Espagne. Le montant estimé est de 3,500 millions d'euros par an, ce qui représente 0,35% du PIB national. Pour vous donner une idée, cela suppose un volume similaire à celui de l'industrie de la chaussure en Espagne ou à la contribution de la ville de Malaga.

Pensez qu'en Espagne il y a environ 100 000 escortes, même si seulement 20% de ces escortes sont espagnoles. On estime que 39% des Espagnols ont payé pour avoir des rapports sexuels, avec une dépense annuelle moyenne de 1 530 euros. Autrement dit, si nous extrapolons ces chiffres à l'Europe, nous dépensons beaucoup plus pour le sexe tarifé que pour l'assurance auto, et encore plus que le panier d'achats des fruits et légumes. En outre, 66% des escortes pratiquent leurs activités dans des maisons clôses, face aux 33% restants, qui l'exercent dans la rue et, pour en finir avec cette batterie de chiffres, seulement 5% sont des escortes de luxe.

Maintenant, donc, la question se pose, devons-nous réglementer ce secteur? C'est un des gros secteurs d'activités en Europe et, il pourrait contribuer largement à l'augmentation souhaitée de la perception des impôts.

Pourquoi, au contraire est-il légal de vendre du tabac si cela génère des milliers de morts et de maladies par an, et si l'on dépense des millions d'euros avec des campagnes de prévention pour arrêter de fumer et que le tabac génère une énorme dépense en santé publique? La raison fiscale semble suffisante pour permettre sa légitimité de fumer.

Maintenant, repassons brièvement le modèle néerlandais, où la prostitution a été légalisée en 2000 et le gouvernement hollandais a déjà une expérience contrastée dans le domaine.

Aux Pays-Bas, le secteur génère plus de 2 500 millions euros par an, soit 0,4% du PIB, dépassant même le mythique secteur du fromage néerlandais. La légalisation de la prostitution s'est accompagné d'un resserrement des lois contre les abus sexuels et la protection des mineurs. La prostitution a été interdite dans les rues et ne peut se faire que dans des salles équipées à cet effet, et chaque escorte doit payer une assurance maladie privée, comme tout travailleur néerlandais. Et vu que le secteur est taxé, le système est contrôlé par un système de licences, avec une attribution finale correspondant aux municipalités. En même temps que cette légalisation, tout ce qui s'assimile à de l'exploitation sexuelle a ètè reconnu comme un délit grave et est passible de peines d'emprisonnement, et puis l'âge légal pour exercer la prostitution est passé de 18 à 21 ans.

Les clubs, les agences escortes, les peep shows, les clubs d'échangistes ou la prostitution dans des maisons privées sont autorisés et réglementés par un système de licences, et seules 13 villes hollandaises sont autorisées à présenter l'activité avec les célèbres vitrines telles que celles du quartier rouge d'Amsterdam.

Toute prostituée a droit au système de santé et même à participer à un programme de réinsertion sociale pour ceux qui veulent abandonner la prostitution.... les municipalités sont même tenues de garantir ces droits en tant que garantes qu'elles sont des licences correspondantes.

Avec toutes ces données et en comparant les deux modèles, vous pouvez voir la similitude des chiffres entre l'espagne et la Hollande. Dans un pays, les revenus contribuent comme un autre secteur à la vie en société et sont protégés par la loi, les filles ayant droit aux prestations sociales et aux retraites, alors qu'en Espagne et, surtout en France, les travailleuses de ce secteur sont laissées à l'abandon, à la merci des mafias et des proxénètes.

Donc, à vous de juger, après avoir réfléchi profondément, si la légalisation du secteur serait ou non plus pratique pour tous.